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HISTORIQUE
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Henny: du
motocross au sacre
Le champion de Suisse 1997 a fait
ses premières armes sur deux roues. Mais c'est au volant d'une
Opel Manta qu'il a pour la première fois fait parler la poudre. |

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Que ce serait-il
passé, si ce jour de 1987, à Valeyres-sous-Rance, près
d'Orbe, dans le canton de Vaud, Cyril henny, alors jeune espoir
du motocross, ne s'était pas cassé une clavicule à la
réception d'une bosse ? Nul ne le sait, mais il y a gros à
parier qu'il aurait poursuivi sa carrière dans cette discipline
et qu'il y aurait peut-être fait son sillon, comme Dupasquier
ou Dupont, deux autres jeunes loups de l'époque. |
N'allons
pas imaginer ce qui n'est pas. Ce n'est pas la peur d'une
nouvelle blessure qui l'a conduit à changer de direction.
Nullement. Mais cet accident est tombé au mauvais moment.
Quelques mois plus tard, ayant atteint les 18 ans tant attendus,
Cyril Henny passe son permis de conduire. Et découvre un autre
monde, celui des quatre roues, qui le passionne à un tel point
qu'il ne remontera plus jamais sur une moto de compétition.
C'est ainsi qu'a débuté l'histoire du nouveau champion de
Suisse, qui sera l'une des vedettes du rallye du Valais, où il
va faire ses grands débuts au volant d'une kit-car, en l'occurrence
son ancienne Peugeot 306 16S transformée en 306 Maxi dans les ateliers
de Jean-Manuel Beuzelin, à Annecy. |
| Frustrant
Avant de s'afficher comme un
pilote de rallye, Henny a emprunté un itinéraire ultra classique.
Sa première course, il la dispute dans le cadre du slalom
automobile de Sion, en non-licenciés. Si vous voulez tout
savoir, il pilotait une Opel Kadett GT/E et se classa 5e du
classement "scratch"
"Ce fut une excellente école, se souvient-il. Quand on
fait un peu de slalom, on sait où on pose ses roues. Mais
c'était un peu frustrant, dans la mesure où la recherche de la
performance, dans cette discipline, oblige à un pilotage très
propre, épuré de toute glissade, de tout travers. Or, la
glisse, c'est ce que j'aime. Mais j'ai pris mon mal en patience,
car je savais que la glisse me donnerait rendez-vous un jour ou
l'autre sur le front du rallye, la discipline qui a toujours
nourri mes rêves !"
Ce rendez-vous, il a eu lieu à l'occasion du rallye de
Saint-Cergue 1991. Au volant d'une Opel Manta - toujours la
glisse - "L'expérience fut presque aussi courte qu'un
slalom, le moteur à serré dans la première épreuve
spéciale," raconte Henny. Ce n'est que partie remise.
Quelques semaines plus tard, il termine 14e du rallye de Court.
Puis début 1992, 10e du Critérium Jurassien. Un talent est en
train d'éclore.... |



(il a même participé à des
courses de tracteurs !!)
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| "Scratches
pour la Manta"
Son premier grand coup, il le
réussit, toujours en 1992, sur les routes du rallye des Alpes
Vaudoises. Dans les épreuves des hauteurs Montreusiennes, très
techniques, la Manta bleue s'offre le luxe de deux
"scratches". Incroyable mais vrai.
Cyril Henny, ce n'est désormais plus seulement un espoir. C'est
un petit phénomène, qui n'est pas sans rappeler, par son style
comme par sa discrétion naturelle, Eric Ferreux.
Rien ne viendra plus démentir le verdict des hauts de Montreux.
Il lui arrive, certes, d'aller quelques fois à la faute. On ne
fait jamais d'omelettes sans casser d'œufs. Mais son talent ne
cesse de s'affirmer. Au volant des Mazda groupe N mises à sa
disposition par Bruno Filisetti. Puis avec les Peugeot 306 mises
à sa disposition par l'importateur. Après une campagne 1996
calamiteuse, gâchée par des mécaniques capricieuses, il a
pris une belle revanche en 1997, en alignant six victoires de
rang et en s'adjugeant le titre avec le maximum de points
possible. |
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Vuiteboeuf
1992: le coup d'éclat
Course de côte Vuiteboeuf -
Sainte-Croix 1992: Cyril Henny se présente au volant d'une BMW
ex-groupe 5 appartenant à Maurice Girard. Un monstre de 300
chevaux qui en effrayerait plus d'un. Mais pas Henny. Entre la
première et la deuxième manche, il améliore son chrono de
sept secondes pleines et signe le 8e meilleur temps absolu de la
journée. Les spécialistes de la côte, en restent bouche
bée...
Il en est même qui ne cachent pas leur agacement. Ils
s'étaient fait leur petite place dans le milieu et voilà qu'un
quasi-débutant les remettait sans ménagement à leur place.
Dur, dur... "C'est au sein de ma propre écurie que les
réactions ont été les plus fortes, se souvient Henny. A tel
point que je l'ai finalement quitté. Serait-il interdit d'aller
vite sous prétexte qu'il y a des valeurs établies à ne pas
bousculer ?"
Michel Busset (Le Matin) |

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